Birdie et Bousky

Les humeurs de Birdie Mandarin et de son ami Alexandre Bouscary

19 février 2009

Hop là

Bon rien publié depuis un peu trop longtemps...

mon travail touche à sa fin, ouf, je n'en peux plus des vieux. J'ai envie de snifer de la coke avec des enfants en faisant du manège bordul !

Autrement les événements s'enchaînent bien, après une victoire de l'Argentine, une journée ensoleillée au jardin des tuileries, un autre montage en vue très prochainement, voilà que se profile le tant espéré appartement, exactement dans le quartier que j'escomptais. Comme quoi parfois tout ou presque s'emboîte bien.

Je fais donc des listes.
Liste des papiers à faire.
Liste des choses à acheter (jusqu'au panier à linge, pour vous dire...)
Liste de comment organiser mes prochaines journées "d'inactivité".
Liste des invités à la dépendaison de crémaillère.

Promis, ce soir j'entame la liste de listes.

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08 février 2009

Elle est là

Elle vient de commencer à tomber. Une minuscule bruine glaçante. Un vent glacial l'accompagne et pénètre chaque parcelle de tissus comme de peau. Le coeur est glacé.

Dimanche soir. Notamment.

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05 février 2009

Café du commerce.

Un café pmu que quelque branchouilles cotoient (justement pour le coté pmu, alors que curieusement aucun turfiste ne fréquente les cafés branchouilles). A une table, quelques commerciaux trentenaires agité par quelques mousses bues trop vite. Les décibels pullullent et le ton monte. Ils sont visiblement d'accord cela dit. "Quoi ? Il voulait mettre une pipe dans Captain Biceps ?". "Ouais ! Une pipe ! Tu te rends compte ahah". "Il est fou ou con ? Les deux je pense !". "Lui et son clébard, quel clochard alors !". Une petite voix se fait entendre d'une table derrière. Un jeune homme aux yeux clairs essaie de comprendre. "Mais pourquoi voulait il faire ça ?". Sa voix fluette ne perce pas le rideau rigolard et mauséabond qui se propage chaque minute un peu plus. Les voix emplies d'une souffrance vulgairement masquée par l'expression de ce que l'homme a de plus bas reprennent. L'un des hommes rallume la tv pour regarder quelques corps palestiniens estimés à 1000e l'unité.

Pas de doute, ils n'ont pas aimé Phénomènes.

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01 février 2009

Petit déjeuner fendard

Revu le premier épisode de Seinfeld aujourd'hui. Laissons de coté les "améliorations" qui ont suivies, dues au rodage et aux automatismes inhérents à tout sitcom. Tout est déjà là. Kramer est plus étrange que farfelu, Georges est déjà excellent, les scènes avec Jerry on stage beaucoup plus nombreuses. Episode énorme que me cite constamment Guillaume, celui sur les signaux qu'envoient les femmes, décryptés en l'occurrence par Georges. La scène de la laverie est tout simplement parfaite, tous les textes de Jerry sur scène sont percutants (ce n'est pas le cas dans chaque épisode). Ce rythme un peu moins soutenu est très appréciable, et il y a un plan qui sort de nulle part, celui de Jerry pendant son stand-up. Le cadreur est sur scène, caméra à l'épaule, tout est sombre, la texture de la veste est palpable, on dirait Ben Gazzara dans un Cassavetes. Surprenant. Réplique prophétique (lorsque l'on a vu les 9 saisons) de la femme que Jerry reçoit "never get engaged" (ne te fiance jamais). Du petit lait.
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27 janvier 2009

Le gouffre sans fond du panoramique.

Ah le fétichisme du 16/9 ème, du format panoramique, appliqué à la vidéo depuis des années pour contenter les geeks rêvant de refaire Star Wars à la maison et dans le même temps mondialiser ce format à tous les moniteurs de la planète, y compris à ceux des ordinateurs portables (ce qui pour le coup n'a plus aucun sens). La vidéo est panoramique aujourd'hui, à quelques exceptions près, vous n'y coupez plus. La HD a envahit toutes les boîtes de productions (ce n'est pas leur faute, ce sont les impératifs de LA DIFFUSION, qui une fois encore contrôle tout). Seulement n'habite pas ce format qui veut. Et lorsque pour un film institutionnel ou un documentaire type "mercredis de l'histoire" d'Arte dans lesquels tous les plans hors archives présentent un pontifiant grabataire dans son bureau de Washington avec une jolie lampe verte en fond passe en HD, que faire de tout ce nouvel espace ? Il y a essentiellement deux solutions lorsqu'on ne sait pas composer un plan (ou qu'on ne peut pas pour des raisons de temps et de contrainte esthétique) : serrer le plan sur le visage de la personne, qui se voit donc privé de menton et de front. Imaginez une interview filmée par Sergio Léone, c'est aussi ridicule que cela. L'autre possibilité consiste à conserver l'échelle de valeur "traditionnelle" de ce type de tournages. Alors on se retrouve avec les deux tiers de l'écran d'une tristesse absolue, occupés par un long bureau, un mur gris, un fond sans profondeur et sans intérêt. Du remplissage forcé, puisque ce nouvel espace apparaît soudainement et aspire tout.

Souvenez vous des appareils photos panoramique. Combien de portraits réalisés pour combien de paysages ? Un sujet implique un format, et non l'inverse. Le 16/9 est parfait pour certains documentaires animaliers par exemple.

Pourquoi ne pas conserver différents formats ? Jadis les 1:33, 1:66 et 1:85 cohabitaient très bien. Imaginez qu'en peinture tout le monde soit contraint de peindre sur du f15, qu'en musique un morceau ne puisse excéder 3 minutes, que tous les livres aille d'un point a à un point b. L'audio visuel devient plus que jamais le lieu de tous les formatages. Les oeuvres qui réussiront encore à s'en abolir dans les prochaines années n'en auront que plus de mérite. Wait and see...

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25 janvier 2009

Mélancolie et optimisme

Mélancolie et optimisme m'ont parcouru durant les deux heures de vision du documentaires "Morceaux de conversations" d'Alain  Fleischer suivant Jean-Luc Godard au travail chez lui, avec des étudiants du Fresnoy, lors de la préparation puis après "l'échec" de son exposition au centre Pompidou. Durant et après encore. Mélancolie de cette époque déjà finie qui survit par bribes et au détour du travail persistant et éclairé d'un Godard. Straub et Huillet sont là aussi, au début du film, les fidèles de toujours. Echanges, point de vues, comparaison, rhétorique habile et surtout la présence indéniable d'un maillon essentiel de notre cinéma, qui le parcourt depuis 50 ans déjà. Et que voulez vous, cet homme qui s'est totalement consacré à son art  et qui irrite, énerve, intéresse, passionne ou ennuie, et bien il m'émeut. Je suis sorti la gorge serrée, par la mélancolie de ce qui ne sera plus, et l'optimisme de voir l'homme qui continue de s'inscrire dans une époque qui n'est plus la sienne, avec ses contradictions et ses incertitudes. L'an prochain sortira son nouveau film. Vivement.
morceauxdeconversation

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23 janvier 2009

Jean-Luc revient

Voilà quelques années, depuis la rétrospective à Pompidou en fait, ponctué par un épilogue peu glorieux aux Histoire(s) du Cinéma que l'ami Jean-Luc s'était fait très discret. Il faut dire que comme souvent cela ne s'est pas extrêmement bien passé, et je désespérais de la voir revenir. Deux soulagements cette semaine, d'abord le documentaire d'Alain Fleischer sorti ce mercredi, que j'irais voir ce week-end, consacré entièrement à Godard. Mais surtout, les premières photos de son prochain film en cours de montage "Socialisme", annoncé pour début 2010. Lorsque l'on connait le temps que le suisse aime passer sur sa table, peu de chances de voir le film pour Cannes, mais sait-on jamais. Pour l'instant on peut surtout voir une esthétique à mi chemin entre les débuts des films militants et la première moitié des années 80. Patience, patience...
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Stagiaire season 1 épisode 1

Au travail, depuis lundi j'ai un stagiaire. Je resterai bienveillant et ne dirais rien de blessant ou injuste. Juste un petit florilège de phrases piochées de ci de là à l'occasion. Aujourd'hui, les quatre meilleures : "un peu de pluie ?" ponctuant mon arrivée trempé. Un fabuleux "une petite  cravate, hun ?" lors de la pose de mon manteau. Quelques minutes après s'enchainaient sans répit un "tu veux une gaufre ?", suivi d'un "ah l'informatique c'est plus ce que c'était". D'autres phrases très vite je pense...

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22 janvier 2009

Un rêve

Je ne me souviens quasiment jamais de mes rêves. Et bien ce matin oui. Une assez terrifiante allégorie. Noir. Voix off d'un citadin "mais c'est comment alors de vivre à la campagne, ça doit être fabuleux ?" Une voix calme réponds "oui, comment dire. On a l'impression en regardant la nature, que c'est à perte de vue". Ouverture au noir sur une sorte d'escalier de métro. Lumière anormalement claire. Je m'extirpe de cette étroite sortie pour arriver en haut d'une colline. Je surplombe d'autres collines, des vallées, même des montagnes au loin. Toutes recouvertes d'arbres. On dirait le début de l'automne, les feuilles sont encore partagées entre le vert et l'ocre orangé. Elles se décideront plus tard. Je contemple cela et me répète "à perte de vue...". Je n'ai qu'une idée, aller gambader dans cette verdure. C'est là que je réalise ce qui m'entoure. D'un coté cette sortie de métro bloquant le passage, de l'autre une sorte masse métallique comme celles que l'on trouve au bout des quais de gare sur lesquelles les locomotives viennent se poser. Entre les deux, sur une largeur d'à peine 2 à 3 mètres, des gros câbles électrifiés. Est ce que je sais où est ce que je crains qu'ils le soient, je l'ignore. Je ne veux pas retourner vers l'escalier. Enjamber l'inquiétante masse métallique m'inquiète. Il paraît difficile de se glisser entre les câbles. Le vent se lève. Pas de doute, c'est le début de l'automne, cette lumière, ces couleurs, et maintenant ce vent. Les énormes câbles qui semblaient trop gros et amorphes pour se mouvoir entament une danse effrayante. Ils se dirigent vers moi, se contorsionnent et moi avec. Je me retrouve penché avec un de ces monstres se faufilant derrière mes genoux, l'autre au dessus de mon visage. Ils se rapprochent. Je penche la tête en arrière pour contempler la montagne, essayant d'emporter cette vision avec moi. Ils me touchent. Tout d'abord donc au niveau des jambes. Ils me brûlent. Celui du dessus se colle maintenant contre mon visage, ma nuque, mes épaules. J'en viens dans une étonnante conscience de ce qui m'arrive à me demander à quel point je vais être défiguré, handicapé, végétatif. Cut. Noir. Fin.

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19 janvier 2009

Rayon de soleil venu du froid

Ma journée a été égayée aujourd'hui par la visite impromptue d'un musicien sur mon lieu de travail. Pour faire simple je monte actuellement un documentaire. Pour les besoins du montage, nous avons posés des musiques au piano un peu basiques, qui sont souvent conservées pour des raisons budgétaires. Et voilà que débarque ce pianiste russe. Au premier contact je l'aime bien, nous partageons un peu du même sang, une implantation et une foison capillaire, il porte la moustache. Il s'assied et regarde et écoute le travail déjà accompli. Et là miracle, il dit tout simplement tout ce que je pense concernant cette musique insipide qui fait office de fond. Il est drôle, roule les "r" dans une langue anglaise au milieu de laquelle il feint de chercher les mots négatifs, et mime à merveille le fonctionnaire de la musique. Une sorte d'interprète exubérant de ma pensée. Slave qui plus est. Un miracle vous dis-je.

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