27 janvier 2009
Le gouffre sans fond du panoramique.
Ah le fétichisme du 16/9 ème, du format panoramique, appliqué à la vidéo depuis des années pour contenter les geeks rêvant de refaire Star Wars à la maison et dans le même temps mondialiser ce format à tous les moniteurs de la planète, y compris à ceux des ordinateurs portables (ce qui pour le coup n'a plus aucun sens). La vidéo est panoramique aujourd'hui, à quelques exceptions près, vous n'y coupez plus. La HD a envahit toutes les boîtes de productions (ce n'est pas leur faute, ce sont les impératifs de LA DIFFUSION, qui une fois encore contrôle tout). Seulement n'habite pas ce format qui veut. Et lorsque pour un film institutionnel ou un documentaire type "mercredis de l'histoire" d'Arte dans lesquels tous les plans hors archives présentent un pontifiant grabataire dans son bureau de Washington avec une jolie lampe verte en fond passe en HD, que faire de tout ce nouvel espace ? Il y a essentiellement deux solutions lorsqu'on ne sait pas composer un plan (ou qu'on ne peut pas pour des raisons de temps et de contrainte esthétique) : serrer le plan sur le visage de la personne, qui se voit donc privé de menton et de front. Imaginez une interview filmée par Sergio Léone, c'est aussi ridicule que cela. L'autre possibilité consiste à conserver l'échelle de valeur "traditionnelle" de ce type de tournages. Alors on se retrouve avec les deux tiers de l'écran d'une tristesse absolue, occupés par un long bureau, un mur gris, un fond sans profondeur et sans intérêt. Du remplissage forcé, puisque ce nouvel espace apparaît soudainement et aspire tout.
Souvenez vous des appareils photos panoramique. Combien
de portraits réalisés pour combien de paysages ? Un sujet implique un
format, et non l'inverse. Le 16/9 est parfait pour certains
documentaires animaliers par exemple.
Pourquoi ne pas conserver différents formats ? Jadis les 1:33, 1:66 et 1:85 cohabitaient très bien. Imaginez qu'en peinture tout le monde soit contraint de peindre sur du f15, qu'en musique un morceau ne puisse excéder 3 minutes, que tous les livres aille d'un point a à un point b. L'audio visuel devient plus que jamais le lieu de tous les formatages. Les oeuvres qui réussiront encore à s'en abolir dans les prochaines années n'en auront que plus de mérite. Wait and see...
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